MouTonLibre

24 commentaires

Bon ben voilà, Mark Shuttleworth annonce la fin du développement de Unity 8, et donc des Ubuntu Phone qui vont avec. J'attends l'article de Cyrille avec grande impatience pour son « je vous l'avais bien dit ! ». Et moi je dois faire mon mea-culpa suite à mon dernier article.

J'aurais aimé avoir raison. J'aurais tant aimé... Mais la logique économique, et plus surprenant la pression de la communauté, aura eu raison des Ubuntu Phones. La promesse était belle, la réalisation l'était moins. Et je dois dire que je suis admiratif de la lucidité de Mark Shuttleworth. Il y a peu j'aurais pu avoir la critique facile vis à vis du personnage, mais cette décision accompagnée de l'excellente interview de Numerama m'a fait remonté grandement Mark Shuttleworth dans mon estime. Abandonné un projet porte-étendard de sa société ne doit pas être une chose facile. Mais quand ça ne prend pas, ça ne prend pas...

Cependant, même si je suis déçu par l'abandon d'une vision que j'aurais aimé voir aboutir, la convergence, cette décision s'accompagne quand même d'une très bonne nouvelle. En plus de Unity l'indigeste, je pense que cette décision signera l'abandon de Mir. Ouf. Wayland va donc pouvoir être déployé dans tout l'écosystème GNU/Linux et donc bénéficier de l'ensemble de ses développeurs. Fini la fragmentation des serveurs d'affichage.

En revanche, les nouvelles priorités de Canonical m'interpellent. Ubuntu a été créée dans le but de proposer au grand public un système d'exploitation libre. Et aujourd'hui le développement est donc axé sur les technologies pour le cloud et l'IoT... Canonical change donc clairement son fusil d'épaule pour enfin essayer de devenir rentable. Fini le grand public, place aux solutions destinées aux entreprises. Je crois que Canonical était en train de racler les fonds de caisse et que de toute façon ils n'avaient plus le choix que de se réorienter. Tant pis pour les débutants...

J'ai hâte de voir ce que l'avenir va proposer. Mais bon une énième distribution avec un bureau Gnome, personnellement je passe. On a toujours eu du mal à se comprendre, Ubuntu, et je crois que ce n'est pas près de s'améliorer...

9 commentaires

Et quand je parle d'un flop, je parle de cette rumeur alarmante (pas de l'article cité en exemple puisque Cyrille semble avoir compris le fond, mais il n'y a pas beaucoup d'articles francophones à ce sujet...) qui est apparue il y a quelques jours prévoyant la mort de Ubuntu Phone... Pas de l'OS mobile en lui-même.

Déjà il faut savoir que ce genre d'information est monnaie courante. Possesseur d'un BQ Aquaris 4.5 j'essaye de me renseigner un peu sur le système et c'est bien la quatrième fois que je vois la nouvelle comme quoi Ubuntu Phone serait abandonné, qu' il n'y aurait plus de mise à jour et j'en passe... Et à chaque fois, j'ai eu l'agréable surprise d'avoir une mise à jour dans le mois. Donc à force j'ai appris à me méfier. Et quand j'ai vu l'article de OMG! Ubuntu! je l'ai relu deux fois afin de bien comprendre.

Et force est de constater qu'il n'y a a jamais été question d'abandon de l'OS mobile Ubuntu Phone, ni même d'une fin de support pour les appareils mobiles Ubuntu. L'annonce expliquait seulement que les appareils les plus anciens ne recevraient plus les OTA mais seulement des mises à jour de sécurité. Ce qui veut simplement dire, que le système reste maintenu sur les plus vieux appareils mais qu'il n'y aura plus, sur ces appareils, de déploiement des dernières nouveautés.

Et je dois dire qu'après deux ans à recevoir sans cesse des mises à jour apportant leur lot de nouveautés je ne trouve pas anormal que l'OS de ces téléphones passe sur une version figée, mais toujours maintenue. Ma tablette Android n'a, après deux années de service, plus reçu de mises à jour de sécurité... Nettement plus grave mais ça n'a jamais fait un tel foin sur le web.

Cette annonce a aussi suscitée des inquiétudes quant à un éventuel ralentissement du développement de Ubuntu Phone à cause du transfert des ressources humaines vers le développement de Snappy, l'OS basé sur les paquets Snap et qui propose une conteneurisation des applications. Mais que nenni. Le développement de Snappy contribue indirectement au développement de Ubuntu Phone, qui je le rappelle repose pour le moment sur une base Android... Base vouée à être remplacée par Snappy afin de se libérer de l'OS de Google. Canonical cherche en effet à concevoir un système d'exploitation universel capable d'être déployé sur n'importe quel appareil (serveur, PC, mobile, TV, frigo, drone et j'en passe). Alors cela amène son lot de problème, que je suis le premier à dénoncer, mais attribuer des ressources à la R&D dans ce but n'est donc pas un frein au déploiement d'un OS « by Canonical » sur mobile.

Tout ça pour dire que le développement de Ubuntu Phone continue. À son rythme, certes, mais bon Canonical ne possède pas la même puissance de frappe que peuvent avoir des entreprises comme Google ou Apple.

Et ces nouvelles erronées se répandant comme une traînée de poudre me chagrinent donc un peu. J'ai pu constater sur diaspora* que certaines personnes ont préféré désinstaller Ubuntu Phone suite à cette annonce... Donc sur une incompréhension, la communauté qui s'était difficilement formée autour d'une des seules alternatives libres aux OS mobiles propriétaires se voit donc affaiblie. Alors même qu'il faudrait dans ces moments de doutes montre son soutien aux développeurs afin de montrer tout l'intérêt que l'on peut avoir pour cet OS.

Je n'appelle pas à un soutien unilatéral et sans critique de l'OS mobile de Canonical, n'étant pas moi-même un fanboy Ubuntu (si vous connaissiez mon amour pour Unity 7...), mais aujourd'hui il faut reconnaître que j'ai un téléphone qui fonctionne, me permettant de me tenir un peu à l'écart des GAFAM sans pour autant acheter un Nokia 3310, et ça me ferait bien chier que cette alternative disparaisse. Pour une rumeur... Une rumeur à la con.

8 commentaires

Et voilà s'en est fini de 2016.

Cette année a été quelque peu particulière à bien des égards, que ce soit sur le plan familial, professionnel ou personnel. À vrai dire ce fut pour moi l'année de tous les changements... Des changements majoritairement formidables (coucou mini-g33k).

Mais dans cet article je ne vais évoquer que les changements intervenus dans ma vie par le biais de mon alter-égo digital numérique : Starsheep.

Peu de jour après le passage en 2016, le libre a pris une place bien plus importante sur mon temps libre. Avant cela je n'étais qu'un simple contributeur occasionnel, mais différents événements dans la communauté HandyLinux m'ont mené à accélérer mes contributions. Pour le meilleur et pour le pire... Ce fut une expérience très enrichissante, et chronophage aussi, cependant s'engager sur un long chemin avec un cheval malade n'est jamais une bonne idée. On peut lui coller autant de bandage que l'on veut, la route n'est que de plus en plus difficile. Et ce que nous n'aurions jamais osé faire, Thuban et moi, arpinux l'a fait : couper la tête de l'hydre. Un choix qui paraissait insensé sur le moment mais qui s'avéra être la réponse la plus adaptée à une gangrène grandissante, et une réponse d'une grande lucidité. Et si j'ai évoqué l'hydre de Lerne, ce n'est pas pour rien. La fin de HandyLinux a mené à une dispersion de ses éléments la constituant en de multiples entités plus ou moins indépendantes :

  • une iso facilitante (DFLinux) largement mis en retrait au profit de Debian, la maison mère ;
  • une documentation bien plus généraliste sur Debian via les cahiers du débutant ;
  • une aide en ligne bien plus efficace par l'intégration de la communauté HandyLinux chez Debian-Facile (merci à eux...).

Paradoxalement, l'éclatement de HandyLinux a aussi assuré la pérennité et la solidité du projet. L'accès à Debian pour les débutants français repose maintenant sur des éléments solides : une association, de la documentation valable pour de multiples projets ce qui amène bien plus de contributeurs et une iso bien moins compliquée. C'est fou comme la chaos peut structurer les choses.

Mais le point positif de cet éclatement reste, pour moi, la création du collectif 3hg. C'est égoïste, certes, mais que c'est bon d'être au calme ! Le développement se fait dans une sérénité sans pareil et la motivation est ainsi revenue de plus belle. Ces occupations sur notre temps libre redeviennent des loisirs et quelque chose qui avait disparu quelque temps est revenu : le plaisir. Et c'est cela qui va amener quelques belles surprises en 2017... J'en suis persuadé. D'ailleurs, on aurait pu le craindre a l'éclatement de la communauté, les liens avec les membres actifs n'ont absolument pas été rompus. Les échanges se font sous des formes différentes mais ne sont absolument pas morts pour autant. Et cela est vraiment quelque chose de fort et de réjouissant. Donc même sur internet ce ne sont pas les espaces qui font les échanges, mais bien les personnes. Qui a dit que les échanges virtuels ne valaient rien ?

Cette année m'a aussi permis d'expérimenter l'auto-hébergement ce qui m'a mené à enfin lancer ce blog. Cette expérience fut énormément enrichissante mais n'était pas tenable pour moi à long terme. Les journées ne sont pas extensibles et il a fallu prioriser mes occupations. Cependant je ne dis pas que je n'y reviendrai pas un jour via OpenBSD. À vrai dire, il ne me manque que le matériel... J'attends également beaucoup des solutions d'auto-hébergement « grand public » comme YunoHost ou Cozy mais qui manquent pour l'instant d'un peu de maturité...Je garde quand même un œil sur ces projets très prometteurs. En attendant je suis très satisfait de mon hébergement chez o2switch (pub gratos) qui me permet une relative liberté dans la gestion de mon domaine et donc d'expérimenter des choses. Après cela reste du mutualisé et je pense que c'est ce point précis qui me refera basculer vers l'auto-hébergement. Mais beaucoup d'eau coulera sous les ponts avant cela.

La première année avec les deux pieds dans le Libre fut donc très intense et aussi quelque peu bordélique. Mais je crois que c'est l'essence même du départ. Aujourd'hui, les briques me semblent enfin en place pour aller de l'avant. Par tous les changements effectués, cette deuxième année s'annonce plus calme mais aussi paradoxalement beaucoup plus productive. Je ne me lancerai pas dans des prédictions afin de ne pas tirer de plans sur la comète mais maintenant que les choses sont en place il est enfin possible de s'attaquer vraiment à l'essentiel...

... dans la joie, la bonne humeur et la sérénité ! :)

Bonne année à vous tous.

2 commentaires

Il y a tout juste un mois je me suis lancé un petit défi : publier un article par jour à 13h37. Et je crois qu'il est maintenant temps d'en tirer un petit bilan.

Alors déjà, mis à part deux ou trois jours où le rendez-vous a été manqué, le défi a globalement été respecté. Et ça c'est cool parce que jusque là je n'avais pas réussi à trouver l'inspiration pour écrire aussi souvent. Je tournais à environ un article par mois et on peut voir qu'en cette fin d'année la différence dans la fréquence de publication est flagrante. Du positif.

Ce qui est très intéressant avec cette aventure est que pour tenir le rythme, il m'a fallu trouver du grain à moudre. Je n'avais absolument rien de prévu au départ, mais la suggestion de Thuban d'installer un pastebin a lancé une boucle infernale... En effet, lorsque je sentais que je n'avais pas d'inspiration, je partais à la recherche d'un petit service à installer et je communiquais sur l'ouverture de ce service. Rien de bien passionnant sur le fond mais aujourd'hui je suis content de proposer cette offre sur MouTonLibre. :) Il n'y avait aucune préméditation mais cette série d'articles aura au moins eu le bénéfice de me bouger les fesses.

Malheureusement ce lancement précipité de tout ce lot d'applications ne m'a pas permis de stabiliser le tout. Il y a des bugs par-ci par là, des applications non traduites, etc. Je vais maintenant me focaliser sur l'amélioration de l'existant et la maintenance ce qui risque de m'occuper encore un petit bout de temps. ;)

Pour ce qui est de la cadence à tenir pour la rédaction des articles, il y a du bon et du moins bon. J'aime écrire. Mais j'ai rarement l'inspiration... Ce qui est quand même très embêtant. Le fait de me forcer à trouver l'inspiration m'a donné le plaisir d'enfin alimenter mon blog mais en contrepartie je me suis senti quelquefois obligé, contraint d'écrire alors même que je n'avais rien à dire. Ce qui pouvait mener à des articles assez plats alors même que j'apprécie l'exercice des articles de fond. Donc même si je n'avais pas donné de limite de temps à cette série « 1337 », j'ai décidé de m'arrêter là. Cela ne veut pas dire que je ne vais plus publier un article par jour (même si il ne faut pas se leurrer la cadence va baisser un peu), mais je vais maintenant écrire quand je le sens bien. Ça ne peut que faire progresser la qualité des articles publiés ici. ;)

Au niveau programmation j'ai des tas de projets entamés (comme le 3hg-menu) et il est également temps que je finalise tout ça...

Donc si je devais résumé le tout : pas de contrainte, du plaisir et finalisation de l'existant. Beau programme en perspective.

6 commentaires

Depuis quelques jours je suis dans une phase assez bizarre. Je suis ultra chargé au boulot, je me serais bien passé de certaines nouvelles (du genre qui rappelle que tout peut arriver à n'importe qui, n'importe quand), la politique commence à sérieusement me gonfler (je reviendrai sur framasphère en mai 2017 je pense... et merci de ne pas coller votre opinion absolument partout) et je dors très mal. Mais d'un autre côté j'ai la pêche, j'ai envie de profiter de chaque instant, notamment en famille, et j'ai de l'énergie à dépenser. Oui c'est paradoxal mais la fatigue met mon cerveau en ébullition. Entre deux micro-siestes. ;)

Le seul problème est que j'ai beau chercher dans tous les coins, je ne sais pas vraiment quoi faire. Non pas que je n'ai pas quelques projets (finir le 3hg-menu, contribuer à des projets en route sur 3HG, installer une openBSD, vous préparer quelques surprises), mais je n'ai rien qui me motive, là, dans l'instant. C'est vraiment très étrange de chercher à s'occuper sans y arriver alors qu'il y a de quoi s'occuper.

Auparavant je passais énormément de mon temps sur le projet HandyLinux. Maintenant tout est relativement calme dans la nouvelle façon de procéder avec DFLinux (qui consiste à regarder arpinux faire un travail de fou pour fournir un truc stable puis lui souhaiter de bonnes vacances). J'ai donc profité de ce temps libre pour enfin mettre en place le domaine MouTonLibre avec le lancement de tout un tas de services. Mais voilà, je n'ai plus d'idée pour en ajouter de nouveaux (sauf un qui devrait arriver d'ici peu mais qui nécessite un peu de travail). D'habitude j'arrive aussi à m'occuper en parcourant les différents blogs (qui sont d'ailleurs ma première source d'inspiration), mais je constate que c'est le calme plat en ce moment. Il y a bien eu le lancement de wallabag.it, mais n'utilisant pas ce genre de service je suis bien vite passé à autre chose. Mais cela ne m'empêche pas de souhaiter bonne chance à Nicolas Lœuillet pour cette nouvelle aventure. :) Pour tout vous dire, l'iso de AccessDV Linux aurait été disponible, je me serais fait un plaisir de la tester (ceci est une blague, je précise car ce sujet est sensible).

Bon du coup cela m'a permis de me poser en mode larve devant Interstellar. J'étais allé voir ce film au cinéma et je l'ai trouvé grandiose. Mais depuis je n'avais jamais trouvé le temps de le regarder à nouveau. Chose faite. Et j'ai encore pris le même plaisir, peut-être même plus encore par la compréhension de nouveaux éléments. Ce film, on l'aime ou on le déteste. Moi j'en suis tombé amoureux. Ah et si vous n'aviez pas compris mon dernier article, voilà peut-être l'information qui vous manquait.

Enfin voilà, je vais attendre doucement que les choses se décantent. Les vacances sont dans deux semaines et je vais certainement y voir plus clair. Le manque de vitamine D, tout ça... ;)

8 commentaires

Cet article sera particulièrement fourre-tout. Piochez dedans ce qui vous intéresse... ;)

Comme vous avez pu le constater, j'ai - déjà - failli à mon engagement de publier un article par jour à 13h37. Le week-end ne comptant pas, j'ai quand même raté le rendez-vous hier... Mais il s'agit d'un cas de force majeur qui a comme une origine seulement une mise à jour. Mais vraiment pas là où vous vous y attendez... Point de serveur en carafe, point de mise à jour ratée, non non, il s'agit de ma voiture.

J'étais en déplacement ce week-end, et lors de mon retour une surchauffe moteur m'a obligé à sortir d'urgence de l'autoroute (une sortie en visuel m'a sauvé). Je vous passe le dépannage, l'hébergement d'urgence, la journée de travail qui saute, les galères avec le dépanneur qui ne livre pas la voiture au concessionnaire, la demande de rapatriement qui traîne à cause de l'absence de voitures de location sur place, le taxi trop petit et le rapatriement annulé. J'en viens directement au but : tout ceci était causé par l'absence de mise à jour de la sonde de température, qui envoyait donc une information erronée à l'ordinateur de bord... Voilà. Bon bien sûr comme il ne s'agit pas d'une casse ce n'est pas pris en charge par la garantie. Ça aurait été trop beau... Cyrille, tu n'as plus le monopole de la poisse. ;)

Bon sinon, et sur proposition de Thuban, j'ai mis en place un petit pastebin, et cela me donne des idées. Je lance donc un petit appel pour que vous me proposiez des services que je pourrais héberger sur MouTonLibre et que vous pourriez utiliser (comme le pastebin). Mais attention, je vous rappelle que je me contente maintenant de gérer le tout via du copier/coller par FTP. Donc il faut que cela reste le cas. :) Ah et souvenez vous que j'ai accès au serveur. C'est pour ça que je ne propose pas d'instances BoZoN au grand public : je ne pense pas que ça intéresse des personnes d'avoir un espace en ligne dans lequel je pourrais aller fouiller (même si personnellement je ne le ferais pas).

Enfin, aujourd'hui c'est le centième anniversaire de la mort de Jack London. La littérature n'est vraiment pas un truc qui me passionne mais les textes de cet auteur m'ont toujours fait vibrer...

37 commentaires

Aujourd'hui je vais changer un peu des billets techniques pour vous parler un peu de certains aspects du financement participatif. De ses dangers en fait, via un exemple concret... Aussi, je préfère vous prévenir que cet article est issu d'un coup de gueule et il se peut donc qu'il soit quelque peu sarcastique. Et oui je vais enfoncer des portes ouvertes.

Admettons que vous êtes à jour et que vous connaissez le fonctionnement du financement participatif (ou crowdsourcing pour faire hype) (pour les autres, zou sur Wikipédia !). Là on s'intéresse bien sûr au don avec contrepartie popularisé par Kickstarter.

Il y a des tas de points positifs à cette méthode de financement comme la limitation des intermédiaires (quoique les plateformes...), la proximité, etc. mais il existe aussi des dangers pour le financeur et le porteur de projet. Afin d'éviter les arnaques et les déceptions il faut en être parfaitement conscient avant de se lancer dans cette aventure.

Si on résume, en cas d'échec de la campagne, cela fait mal au porteur de projet car cela montre que son projet ne suscite pas grand intérêt. En cas de financement, et si on a affaire à un projet bien monté mais aussi que tout se déroule comme prévu, le porteur de projet et les financeurs peuvent s'y retrouver et être heureux. En cas de financement, il y a encore un risque que le projet n'aboutisse pas. Auquel cas le porteur de projet ET les financeurs se retrouvent lésés puisque le premier fonce vers une perte d'argent et que les derniers vont être déçus par la promesse non tenue.

Maintenant, on passe aux conseils de père Starsheep pour se lancer dans une campagne de financement participatif, ou par proposition contraposée ce qui est indispensable à la présentation d'un projet avant de s'engager sur le financement :

  • Avoir quelque chose de concret et se fixer un objectif réalisable. Ne demandez pas la lune, avancez par étape...
  • mais soyez extrêmement clair dans vos intentions à moyen/long terme (votre produit est-il destiné à ramener de l'argent ou bien est-ce un projet purement humaniste ?). Ne cachez rien de vos intentions.
  • Si vous n'êtes pas seuls à la réalisation de votre projet, indiquez vos partenaires. Mettez en lumière ce que vous êtes vraiment capables de faire ou non.
  • En cas de réussite de l'objectif initial, ne devenez pas trop gourmand en proposant de nouveaux objectifs inutiles. Cela se voit quand le porteur de projet va essayer d'amasser de l'argent pour le fun. Comme ça, parce que ça marche plutôt bien...

Le tout est d'être totalement honnête sur la démarche afin d'amener la confiance des financeurs. Cela passe bien entendu par la transparence.

Note importante pour bien saisir l'ironie de la suite de cet article : je suis un membre de l'équipe de la feue HandyLinux.

Passons maintenant à une étude de cas tirée au sort parmi un projet de mon choix (je fais ce que je veux, je suis chez moi, nah !). Prenons le cas du financement de HandyDV Linux une "solution logicielle éco-responsable, facile d'accès et gratuite".

Ah au temps pour moi, le projet concerne finalement l'externalisation de la création d'un site internet... Le titre est trompeur et il faut lire à partir de la seconde moitié de la page pour mettre en lumière les vrais objectifs du financement.

Ensuite qui est ce "nous" qui a construit cette distribution ? On a quelques noms, mais sont-ils rattachés à un association ? Une entreprise ? Est-ce un projet amateur ? Ils proposent le système HandyDV Linux gratuitement, certes, mais est-ce qu'ils proposeront un service payant autour de celui-ci ?

Bon j'ai fait des recherches à votre place :

Je résume : l'idée de base est bien de proposer des prestations de service autour de HandyDV Linux. Pas seulement de proposer ce système gratuitement. On sort donc totalement de l’amateurisme. Ça aurait été bien de l'indiquer surtout que l'on ne sait toujours pas si il y a un objectif lucratif ou non derrière.

Bon ben on continue les recherches. Que donne une recherche de "HandyDVLinux" dans votre moteur de recherche favori ? Gnagnagna HandyLinux gnagna HandyLinux... Ça a l'air vachement lié, je clique. C'est fou ça, je tombe sur une distribution GNU/Linux ayant globalement la même interface... Et les mêmes logiciels tiens... Ah j'ai trouvé une différence ! Le bureau cubique qui tourne (compiz) et le conky ! Très utile pour les malvoyants, soit dit en passant. Ah et un lecteur de document (j'y reviendrai). Ok donc ça donne une meilleure idée du travail de l'équipe.

Donc ce projet est tiré d'un autre projet libre, sous licence GPL, sans en faire aucune mention. Et on ne trouve nulle part le code source des applications modifiées alors même que la licence les y oblige en cas de redistribution. J'espère qu'ils ont bien gardé les isos pour eux en attendant leur portail...

Malgré cela, l'objectif initial a été atteint, preuve que la description du projet a fait mouche. Mais bon il en faut toujours plus. Personne ne pourrait s'arrêter en si bon chemin une fois l'objectif rempli. Donc nouveau palier ! 1000€ pour des clés USB. À vos chéquiers !

Plus sérieusement, cela peut passer pour une attaque gratuite mais le malaise est bien plus profond et ne peut être résumé en un article. Il s'agit ici d'un article personnel issu d'un ras le bol général après plus d'un an d'attaques incessantes de cette équipe. En gros c'est article doit être pris comme un "il faut que ça sorte". Cette campagne de financement participatif est la goutte d'eau qui a fait déborder le vase et je devais dénoncer la malhonnêteté autour de ce projet.

Je dis bien autour de ce projet. Car le projet en lui-même est louable. Extrêmement louable. Je reviens donc sur le lecteur de document intégré à HandyDV Linux qui semble être un petit outil bien pratique. Malheureusement, cet outil n'a jamais été proposé à la communauté. Pourtant c'est le genre de petit logiciel qui peut facilement être intégré dans n'importe quelle distribution et qui pourrait aider des malvoyants au-delà d'un système bien précis. De même, plutôt que de proposer un seul espace sur le Web accessible aux malvoyants et dédié à l'apprentissage de l'informatique, pourquoi ne pas travailler directement avec les "gros" projets ? Ici Debian par exemple.

Le problème est bien cette fameuse Liberté 0 énoncée par Richard Stallman qui stipule que le logiciel doit pouvoir être exécuté par n'importe quel individu. Ce qui amène logiquement à la notion d'accessibilité dans le logiciel libre. C'est cette liberté 0 qui doit être défendue pour réellement rendre accessible l'informatique. Cela passe dans l'idéal par une prise de conscience collective afin que chaque développeur propose une version accessible de son application, que ce code soit intégré aux distributions mères pour que cela se répande dans chaque système informatique. C'est la seule façon d'avoir des systèmes totalement accessibles et dont la pérennité est assurée.

Faire semblant de révolutionner l'accessibilité par un coup de truelle sur un projet existant, se dire humaniste en gardant pour soit les quelques lignes de code qui pourraient être utiles à tous, et demander de l'argent pour quelque chose qui pourrait être fait gratuitement par une simple demande, c'est bien ça que je désignais ci-dessus comme une démarche malhonnête...

PS : Pour un autre point de vue sur cette histoire, Thuban a fait un bel article :
Gagner de l'argent facilement avec le logiciel-libre