MouTonLibre

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Bon ben voilà, Mark Shuttleworth annonce la fin du développement de Unity 8, et donc des Ubuntu Phone qui vont avec. J'attends l'article de Cyrille avec grande impatience pour son « je vous l'avais bien dit ! ». Et moi je dois faire mon mea-culpa suite à mon dernier article.

J'aurais aimé avoir raison. J'aurais tant aimé... Mais la logique économique, et plus surprenant la pression de la communauté, aura eu raison des Ubuntu Phones. La promesse était belle, la réalisation l'était moins. Et je dois dire que je suis admiratif de la lucidité de Mark Shuttleworth. Il y a peu j'aurais pu avoir la critique facile vis à vis du personnage, mais cette décision accompagnée de l'excellente interview de Numerama m'a fait remonté grandement Mark Shuttleworth dans mon estime. Abandonné un projet porte-étendard de sa société ne doit pas être une chose facile. Mais quand ça ne prend pas, ça ne prend pas...

Cependant, même si je suis déçu par l'abandon d'une vision que j'aurais aimé voir aboutir, la convergence, cette décision s'accompagne quand même d'une très bonne nouvelle. En plus de Unity l'indigeste, je pense que cette décision signera l'abandon de Mir. Ouf. Wayland va donc pouvoir être déployé dans tout l'écosystème GNU/Linux et donc bénéficier de l'ensemble de ses développeurs. Fini la fragmentation des serveurs d'affichage.

En revanche, les nouvelles priorités de Canonical m'interpellent. Ubuntu a été créée dans le but de proposer au grand public un système d'exploitation libre. Et aujourd'hui le développement est donc axé sur les technologies pour le cloud et l'IoT... Canonical change donc clairement son fusil d'épaule pour enfin essayer de devenir rentable. Fini le grand public, place aux solutions destinées aux entreprises. Je crois que Canonical était en train de racler les fonds de caisse et que de toute façon ils n'avaient plus le choix que de se réorienter. Tant pis pour les débutants...

J'ai hâte de voir ce que l'avenir va proposer. Mais bon une énième distribution avec un bureau Gnome, personnellement je passe. On a toujours eu du mal à se comprendre, Ubuntu, et je crois que ce n'est pas près de s'améliorer...

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Et quand je parle d'un flop, je parle de cette rumeur alarmante (pas de l'article cité en exemple puisque Cyrille semble avoir compris le fond, mais il n'y a pas beaucoup d'articles francophones à ce sujet...) qui est apparue il y a quelques jours prévoyant la mort de Ubuntu Phone... Pas de l'OS mobile en lui-même.

Déjà il faut savoir que ce genre d'information est monnaie courante. Possesseur d'un BQ Aquaris 4.5 j'essaye de me renseigner un peu sur le système et c'est bien la quatrième fois que je vois la nouvelle comme quoi Ubuntu Phone serait abandonné, qu' il n'y aurait plus de mise à jour et j'en passe... Et à chaque fois, j'ai eu l'agréable surprise d'avoir une mise à jour dans le mois. Donc à force j'ai appris à me méfier. Et quand j'ai vu l'article de OMG! Ubuntu! je l'ai relu deux fois afin de bien comprendre.

Et force est de constater qu'il n'y a a jamais été question d'abandon de l'OS mobile Ubuntu Phone, ni même d'une fin de support pour les appareils mobiles Ubuntu. L'annonce expliquait seulement que les appareils les plus anciens ne recevraient plus les OTA mais seulement des mises à jour de sécurité. Ce qui veut simplement dire, que le système reste maintenu sur les plus vieux appareils mais qu'il n'y aura plus, sur ces appareils, de déploiement des dernières nouveautés.

Et je dois dire qu'après deux ans à recevoir sans cesse des mises à jour apportant leur lot de nouveautés je ne trouve pas anormal que l'OS de ces téléphones passe sur une version figée, mais toujours maintenue. Ma tablette Android n'a, après deux années de service, plus reçu de mises à jour de sécurité... Nettement plus grave mais ça n'a jamais fait un tel foin sur le web.

Cette annonce a aussi suscitée des inquiétudes quant à un éventuel ralentissement du développement de Ubuntu Phone à cause du transfert des ressources humaines vers le développement de Snappy, l'OS basé sur les paquets Snap et qui propose une conteneurisation des applications. Mais que nenni. Le développement de Snappy contribue indirectement au développement de Ubuntu Phone, qui je le rappelle repose pour le moment sur une base Android... Base vouée à être remplacée par Snappy afin de se libérer de l'OS de Google. Canonical cherche en effet à concevoir un système d'exploitation universel capable d'être déployé sur n'importe quel appareil (serveur, PC, mobile, TV, frigo, drone et j'en passe). Alors cela amène son lot de problème, que je suis le premier à dénoncer, mais attribuer des ressources à la R&D dans ce but n'est donc pas un frein au déploiement d'un OS « by Canonical » sur mobile.

Tout ça pour dire que le développement de Ubuntu Phone continue. À son rythme, certes, mais bon Canonical ne possède pas la même puissance de frappe que peuvent avoir des entreprises comme Google ou Apple.

Et ces nouvelles erronées se répandant comme une traînée de poudre me chagrinent donc un peu. J'ai pu constater sur diaspora* que certaines personnes ont préféré désinstaller Ubuntu Phone suite à cette annonce... Donc sur une incompréhension, la communauté qui s'était difficilement formée autour d'une des seules alternatives libres aux OS mobiles propriétaires se voit donc affaiblie. Alors même qu'il faudrait dans ces moments de doutes montre son soutien aux développeurs afin de montrer tout l'intérêt que l'on peut avoir pour cet OS.

Je n'appelle pas à un soutien unilatéral et sans critique de l'OS mobile de Canonical, n'étant pas moi-même un fanboy Ubuntu (si vous connaissiez mon amour pour Unity 7...), mais aujourd'hui il faut reconnaître que j'ai un téléphone qui fonctionne, me permettant de me tenir un peu à l'écart des GAFAM sans pour autant acheter un Nokia 3310, et ça me ferait bien chier que cette alternative disparaisse. Pour une rumeur... Une rumeur à la con.

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À sa sortie, j'avais fait l'acquisition d'un Aquaris E4.5 Ubuntu Edition. Oui je suis un fou, c'est toujours sympa de devenir bêta testeur pour 180€. Mais bon, les mois (années) ont passé et il faut admettre que c'est toujours mon seul et unique téléphone et qu'il me convient toujours... Comme quoi.

Passée l'excitation des premiers tests, ce téléphone est devenu un téléphone comme un autre. Je téléphone, j'envoie des sms, je peux aller sur internet, je prends des photos (un peu dégueulasse, certes) et je peux jouer dans les salles d'attente. Que demander de plus ? Moi personnellement ça me suffit. Et question protection des données personnelles, je fais quand même plus confiance à Canonical que Google. C'est purement subjectif (oui car on peut désactiver les outils Google sur Android) et j'assume.

Mais à la différence des possesseurs de smartphone Android, qui restent figés sur une version pouvant atteindre 4 versions (en étant gentil) de retard sur la dernière sortie, j'ai toujours le plaisir de recevoir une mise à jour de système à peu près tous les 2 mois. Normalement les mises à jour étaient prévues pour être mensuelles, mais elles sont soumises à une batterie de test qui ne permet une release que si il n'y a pas de régression.Théoriquement... ;) Enfin après les bugs apparus ne sont pas bloquants. C'est déjà ça.

Et donc aujourd'hui, boum, nouvelle mise à jour. Et même si les changements ne sont pas exceptionnels, il faut admettre que le système progresse. Entre la configuration usine que j'ai reçu et le système actuel il faut reconnaître que le système va dans le bon sens. C'est fonctionnel et de plus en plus ergonomique. Difficile de cracher dessus.

Après on peut rigoler quant à la part de marché qu'a réussi à acquérir Ubuntu Phone, mais l'alternative a le mérite d'exister. Et de continuer à exister. Ce qui n'est pas rien face au monopole des grandes multinationales...

C'était la petite note d'optimisme du jour. :)